La croix sauve par débordement d’amour et de vie

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Au cœur d’une année difficile marquée par la maladie, à la frontière de la vie et de la mort, j’ai expérimenté la grâce d’une joie profonde née de la présence intime de Jésus.

Aujourd’hui, je suis revenu à ma vie quotidienne, à ma vie ordinaire. Je retrouve à nouveau, l’homme à « la nuque raide » qui, parfois, reprend le dessus. Je me retrouve totalement dans cette phrase, sous-titre d’un livre du Cardinal Etcheggaray, « J’avance comme un âne, trois pas en avant, deux pas en arrière. ».

Dans cette vie ordinaire, je renoue avec la nécessaire fidélité vitale aux grâces reçues pour avancer et vivre le perpétuel combat spirituel de la confiance en Jésus et à mon Père du ciel. Ce combat est celui de l’amour et de la vie, le combat pour mon salut. Jésus est venu pour que nous soyons des vivants.

Dans le Prologue de son évangile, Saint Jean nous enseigne « qu’en Jésus est la vie et la vie est la lumière des hommes ». Aidé par Marie et la petite Benoîte du Laus, avec l’aide de Saint Ignace, de Sainte Thérèse Couderc et de Sainte Thérèse de Lisieux, j’ouvre à Jésus ma petitesse, mes fragilités, mes péchés contre la vie, cette vie dont Dieu m’irrigue sans cesse.

Jésus fait de moi, petit à petit, un fils du Père. Je me dis qu’il a bien du boulot avec moi. Mais j’ai confiance, le Père m’a cherché de si loin, il ne va pas me perdre en route. Pour lui, l’homme à la nuque raide que je suis n’est pas un obstacle. Sa croix d’amour me ressuscite sans cesse. Ma famille, mon couple, mes enfants sont les meilleurs aiguillons pour me ramener à la nécessité de me convertir encore et toujours à l’amour, à la vie.

La vie n’est décidément pas un long fleuve tranquille. Pourquoi voudrions-nous d’ailleurs que nous soyons épargnés par la souffrance alors que Jésus, notre Dieu, ne l’a pas été ! À sa suite, Jésus nous apprend à porter notre croix, nos souffrances. Il ne s’agit pas de rechercher la souffrance mais de porter celle qui vient à nous.

Choisir de porter sa croix est un enjeu vital : « Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il renonce à lui-même et prenne sa croix, et qu’il me suive. En effet, qui veut sauver sa vie la perdre ; mais qui perdra sa vie à cause de moi et de l’Évangile, la sauvera. » (Marc, 8, 34-35). Vivre le mystère de la croix c’est apprendre à confier sa vie à Jésus, à abandonner toute tentation de se sauver par soi-même.

Saint Jean de la Croix nous ouvre le secret de cet apprentissage : « Il faut porter sa croix avant que la croix ne te porte. » dit-il. Jésus nous apprend à aller de la croix douloureuse à la croix glorieuse.

Maintenant, je continuer d’accepter « d’avancer comme un âne, trois pas en avant, deux pas en arrière » et de me laisser enlacer par les bras glorieux de la croix de Jésus, source de toute vie. Par la croix, Jésus évangélise par débordement d’amour et de vie, c’est là tout le mystère de la fête de Pâques, mystère à vivre tous les jours de notre vie, sur terre comme au ciel. Nos communautés chrétiennes doivent être signe de ce débordement d’amour et de vie, par une fraternité visible, nourrie par le pain et le vin, corps et sang de Jésus, source de tout amour, de toute vie.

Vincent Utz, ami de la communauté


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