Le « pas encore » et le « déjà là »

Un partage de Véronique M, Communautaire, pour notre série de partages sur l’Unité des Chrétiens.

A la mi-janvier 2022, j’étais dans la Communauté des sœurs diaconesses du Hohrodberg, communauté protestante proche de longue date.  Chaque jour je priais et je participais à leurs offices. Jeudi midi, la prieure m’annonce avec une délicate prévenance qu’elles célèbreront la Sainte Cène en fin d’après-midi à la place de l’office du soir. Son attention se porte sur la communion eucharistique : son Église accorde la possibilité de communier, et la mienne non.

Nous vivons une profonde communion fraternelle, très simple et spontanée. Mon cœur voudrait célébrer cette communion si belle dans le partage du pain consacré et en rendre grâce. Pourtant, par fidélité à mon Eglise, je choisis de ne pas communier. Après en avoir parlé avec la prieure, je me joins  à cette célébration luthérienne dont la liturgie et les paroles invoquées pour la consécration sont les mêmes que pour notre liturgie catholique.

Quand la communion est partagée en cercle, je reste à l’écart. Alors la séparation me transperce. La souffrance de nos Églises séparées à l’endroit même où Jésus se livre en communion m’atteint, or l’amour fraternel et la présence de Jésus est si forte entre nous…

A quelques jours de la semaine de prière pour l’unité de chrétiens, je suis plongée au cœur de ce qui nous sépare, et en même temps dans une communion fraternelle de chair, reçue et vécue depuis plus de 45 ans. Le « pas encore » et le « déjà là » du Royaume sont bien vivants et viennent tout à la fois renforcer ma foi et ma supplication pour l’unité visible du corps du Christ.

Cet article appartient à la série de partages « Que tous soient un ».


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