Ma prière

Karine Dewitz, communautaire, infirmière puéricultrice, nous partage une méditation-contemplation d’Avent.

Jésus, que ma vie soit ton attente,
Plus ardente en ces jours par l’accouchement de Marie qui approche. 
Je veux que chaque jour soit un Avent, une espérance de ton arrivée, en tout, en tous. 
Je veux t’attendre dans l’émerveillement de l’évidence, parfois. 

Je veux t’attendre surtout quand tout semble être douleur, humiliation, désespérance.

« Aux origines, avant que rien n’existe, le Fils, expression de Dieu, était là. Il était face à face avec Dieu, étant lui-même Dieu…

Tout ce qui existe a été créé par Lui, absolument rien n’a pris naissance sans Lui. La vie résidait en Lui. »

Jean 1, 1-3

Je le « sais ».

J’ai besoin de plus, ma chair a besoin de Ta chair de Dieu.

Toi qui ne t’es incarné que pour nous sauver, j’ai besoin de Toi.

« Les trois personnes divines, contemplant la surface de la terre couverte d’hommes, et voyant que tous se précipitent en enfer, décrètent, dans leur éternité que la seconde personne de l’Auguste Trinité se fasse homme pour sauver le genre humain… Ce mystère s’accomplit, lorsque dans la plénitude des temps l’Archange Gabriel fut envoyé à Marie. »

Ignace de Loyola, Exercices spirituels, 102

Tu as choisi pour te faire « tout proche » ce chemin d’une croissance dans le corps d’une femme, d’une naissance en un accouchement douloureux et sanglant.

Tu as voulu connaître en Ta Chair de Dieu notre réalité corporelle avec ses joies et ses souffrances, ses élans, ses croissances, ses dépendances, ses émois, ses peurs, ses désirs, ses limites… tu n’as cherché à échapper à rien.

Tu n’as eu d’autre raison de Te faire chair que de nous faire découvrir combien nous sommes aimés de Dieu, quels risques fous Tu prends pour nous.

« Qui me voit, voit le Père »

Jean 14.9

Tu viens t’incarner pour moi chaque jour,

Tu te donnes entre mes mains de puéricultrice car Tu as besoin de nous, de Marie, de Joseph, de la femme, qui t’as aidé à naître, réanimé peut être puisque tu ne cherches à échapper à aucune de nos tragédies.

Tu as eu besoin de celle qui a essuyé le sang de Marie, de celle qui lui a appris comment allaiter. Elle était si jeune, tu es son premier-né, vous étiez réfugiés, loin des vôtres, dans une étable.

Toi qui t’es donné à nous si vulnérable et appelant à la vie.

Tu as consenti à épouser jusqu’à nos pires souffrances.
Tu te livres chaque jour dans l’Eucharistie.
Tu ne peux cesser de te donner, c’est ton Être même, l’Offrande.
Inlassablement dans l’amour infini et réciproque de la Trinité.
Tu demeures en nous et en cela Tu nous offres une surabondance qui n’existe que partagée.

Je me livre à toi, Tu te livres à moi comme si un cordon ombilical inaltérable nous reliait, pas seulement moi, mais tous ceux, Église, Nations, que Tu irrigues de Ta Vie Éternelle.

C’est ce « reliment » à la même Source qui nous fait frères et sœurs, qui nous rend Peuple, Église.

Tu es relation Seigneur, tu nous tiens ensemble, en vie, en amour.

« La sainte communion, ma Mère ! N’était-elle pas comme un retour à cette unité insaisissable, lorsque tu Le nourrissais de Ta chair et de Ton sang ?

Maintenant c’est Lui qui te nourrit. Ne vois-tu pas en cette heure le corps mystique tout entier devant toi, celui qui doit naître par ce saint repas ? Ne le reçois tu pas déjà maintenant en tant que Mère, comme demain au pied de la Croix il te sera remis »

Édith Stein dans « Le secret de la Croix »

Chaque jour Tu te laisses briser pour que nous puissions vivre de Ta Vie.

Tu t’offres à nos âmes, à nos corps, à nos intelligences pour qu’en nous se renouvelle La Vie et qu’à notre tour nous renaissions avec toi, touts petits.

Comme ce tout-petit dont un signe de la main quand je le soigne me redonne vie quand mon cœur est glacial. Ce petit signe d’un doigt, d’un œil transforme mon cœur en accueillante crèche.

Oui Jésus, que toujours je t’attende, que toujours je te cherche avec un cœur brûlant d’amour dans lequel tu pourras te réchauffer tout-petit, Toi le Tout-Puissant qui me donne Ta vie.

Karine


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