Le Père Bernard Bastian : auto-portrait

Le père Bernard Bastian, Communautaire et prédicateur du Puits de Jacob (découvrez ses homélies et écrits), nous livre sa présentation personnelle : « Je m’appelle Bernard Bastian et je suis déjà un ancien Communautaire puisque je suis arrivé dans le groupe de prière devenu le Puits de Jacob presque au début, en 1975….

Je suis ce qu’on appelle un « converti », ce qui veut dire que j’ai quitté un univers pour un autre, un monde de ténèbres pour un monde de lumière, un monde d’angoisse et de peur pour un monde de paix et de joie et surtout d’amour, un monde de solitude pour un monde fraternel. En effet j’avais consacré plusieurs années de ma jeunesse à m’immerger dans l’univers de l’ésotéro-occultisme où je cherchais comment acquérir du pouvoir sur les autres, moi qui étais paralysé des membres inférieurs, donc en état d’infériorité relationnelle et sociale, depuis l’âge de 15 ans. Mais le Seigneur par sa Providence n’a jamais cessé de m’aimer et de me conduire.

Le P. Bernard et Yann (2 ans)
Le P. Bernard à l’eucharistie des familles
© David Betzinger / Hans Lucas pour « La Vie » (mai 2020)
Le P. Bernard à la messe pour les premiers engagements de Anne Métais (septembre 2021)
© Photo RCF Alsace : le P. Bernard Bastian avec Monique Graessel pour les 40 ans du Puits de Jacob

Ayant été le témoin oculaire de la libération miraculeuse d’un toxicomane grâce à la puissance de la prière de foi d’un groupe de chrétiens et ayant été bouleversé par l’accueil simple et chaleureux qu’ils ont réservé à l’inconnu que j’étais pour eux, j’ai « su » dans mon cœur que là était la vérité que je cherchais confusément. Quelques mois plus tard, j’ai eu la chance immense de participer à l’ouverture du Concile des Jeunes en août 1974 à Taizé. Nous étions 50 000 jeunes chrétiens ou en recherche de Dieu autour du frère Roger à rêver de « rendre la terre habitable. » Je n’étais donc pas fou de me tourner vers Jésus !

La prochaine grande étape de mon itinéraire spirituel a été mon baptême dans le Saint-Esprit. Ce jour-là, j’ai dit à Dieu toute ma soif de vivre de lui et pour lui et j’ai demandé que tous les domaines de ma vie soient envahis par son Saint-Esprit. Ce fut un débordement de joie et d’allégresse, une explosion d’amour, une libération, comme je n’en avais jamais connues ! À partir de ce jour-là, j’ai pu dire que je connais Jésus personnellement au dedans de mon cœur. Je lisais la Bible comme on lit des lettres d’amour. Je découvrais la prière comme une conversation intime avec mon Seigneur. Une à deux fois par semaine, je participais à l’eucharistie présidée par le père Bertrand notre fondateur. Si suave la plupart du temps, elle a été quelque fois ma nourriture de survie. J’ai alors eu très fort le désir d’orienter tous mes choix de vie au service de Jésus et de l’évangile avec mes nouveaux frères et sœurs de Communauté. Cela conduisit à mes premiers engagements que je prononçais en tremblant…

Je suis ce qu’on appelle un « converti », ce qui veut dire que j’ai quitté un univers pour un autre, un monde de ténèbres pour un monde de lumière…

Aujourd’hui je suis prêtre du diocèse de Strasbourg. Auparavant, j’avais fait des études de médecine puis, tout en menant la vie commune sous le même toit, j’avais exercé la médecine générale en association avec un couple de frère et sœur. Ce fut une période très heureuse, j’aimais la médecine, j’aimais la vie communautaire, j’aimais ma vie ! Après cinq années dans ce cabinet médical de la Communauté, le Seigneur m’a appelé à me livrer à lui, à l’Eglise et au monde… comme prêtre ! Ce fut une telle surprise pour moi que j’ai dû prendre une année entière pour discerner. Quand j’ai dit oui, ce fut une déferlante de joie, une nouvelle effusion de l’Esprit Saint ! Lors de mon ordination, j’ai reçu de notre évêque le double ministère de servir la Communauté et sa mission et d’animer une grande aumônerie d’hôpital ainsi qu’un comité d’éthique médicale.

Dans la Communauté je me suis engagé à vie dès que cela fut possible selon nos statuts canoniques reconnus par l’Eglise diocésaine. Elu « modérateur » trois fois de suite par mes frères et sœurs, j’ai eu l’honneur et la charge d’être leur pasteur pendant 18 années.

En même temps je prêchais de nombreuses retraites, j’animais des week-ends, donnais des enseignements sur la Bible et sur la spiritualité, j’étais aussi l’accompagnateur spirituel de plusieurs chrétiens d’autres horizons. J’ai beaucoup creusé le sillon de la guérison intérieure.

Un de mes engagements de fond depuis le commencement, est l’investissement dans le Renouveau charismatique œcuménique dans lequel est né la Communauté.

Au Puits, nous sommes en effet persuadés que pour être vraiment « catholiques », nous devons aussi nous ouvrir à la grâce propre des chrétiens des autres Églises et nous en recevoir. Le pape François, lors de la création du service CHARIS du Renouveau charismatique catholique international, a particulièrement insisté sur la nécessité pour le monde d’aujourd’hui d’une évangélisation commune. Avec mes frères et sœurs de la Fraternité Œcuménique du Renouveau en Alsace (Fora), je m’y emploie fidèlement et cet engagement m’enrichit énormément.

Le P. Bernard lors de la présentation du livre « Dans le monde, mais pas du Monde » (EdB)

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