Le Seigneur est mon berger, rien ne saurait me manquer

Nous nous souvenons aujourd’hui de notre sœur Françoise Didierjean, qui nous a quitté il y a un mois, en publiant un témoignage-méditation de Véronique Vignon, accompagnée d’une présentation par Monique Graessel.

Déjà un mois… Françoise Didierjean est né à Auch dans le Gers en 1943, région à laquelle elle est resté attachée. Ses parents sont arrivés en Alsace quelques années plus tard. Françoise à travailler à l’Insee comme statisticienne. Elle a rencontré la Communauté en 1996 et ne l’a plus quittée. La dimension oecuménique lui était essentielle. Elle a fait très rapidement l’expérience de la relation vivante au St Esprit, et a cheminé patiemment dans un chemin de guérison restauration avec constance et détermination.  Elle a été pour nous une soeur dont la simplicité, le franc parler, la générosité nous ont beaucoup enseignés. Ces derniers mois des ennuis de santé la rendaient quelque peu chancelante, mais elle a tenu à vivre son engagement jusqu’au bout. Son Seigneur avec qui elle devait s’entretenir dans la même simplicité qu’avec nous et auquel elle avait demandé de quitter cette terre avant d’être dépendante, l’a accueillie rapidement alors qu’elle participait à une maraude avec les frères et soeurs protestants de la paroisse St Nicolas de Strasbourg.

Ceux qui l’ont connue et apprivoisée s’inclinent devant son témoignage de vie, cette vie où elle a combattu  pour la justice et la dignité de mille et une manière au travers de différents engagements qu’elle n’a jamais étalé sur la place publique.

Monique Graessel, Communautaire


Françoise est morte il y a un mois en priant avec des frères de la Communauté Saint Nicolas pour une maraude en cours dans le centre-ville. Trois semaines auparavant, elle avait fait un petit accident de santé régressif et disait avec véhémence à ceux qui se trouvaient sur son chemin à la Thumenau « je sais maintenant ce que c’est, jamais je ne voudrai vivre dépendante, perdant la tête et malade ». En effet elle vivait seule, âgée et autonome, généreusement engagée comme Alliée de la Communauté et amie de St Nicolas, toujours proche de ceux qu’elle croisait dans le besoin.

Pendant cette soirée un texte lui est venu, celui du Bon Pasteur (psaume 23) –Le Seigneur est mon berger, passerais-je un ravin de ténèbres …– Ils l’ont prié et médité jusqu’à son dernier souffle. Et pendant la maraude dans le même temps, une personne de la rue visitée proposait le même psaume à ses visiteurs –Le Seigneur est mon berger, je ne manque de rien…–.

Que penser ? Comment accueillir le récit de la mort de Françoise si imprévue et en même temps si fidèle à elle-même ? Comment accueillir le récit de la mort de Françoise si éloignée de ce qu’elle redoutait comme impasse ? Je ne peux  m’empêcher d’y voir une forme de liberté ultime où notre corps obéit à notre désir profond lui-même éclairé par le sens que nous voyons à notre existence. J’y vois aussi un encouragement à vivre sans réserve ce qui m’importe vraiment. J’y vois encore le Mystère de l’Heure de la mort , qui nous échappe et dit encore quelque chose de nous, tout à la fois.

Véronique Vignon, Communautaire


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Un avis sur « Le Seigneur est mon berger, rien ne saurait me manquer »

  1. Merci pour cette fidélité à Francoise Didierjean. Elle réalisait deux opposés: une présence discrète ,et en.même
    temps une personnalité pleine d’indépendance

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