S’arrêter pour voir Celui qui vient

Partage de Monique Graessel, Communautaire.

« Tout être verra le salut de Dieu » nous dit le prophète Isaïe en ce temps d’Avent. Quelle joie, j’y crois et comme je voudrais le voir davantage à ma porte, à nos portes, que cette réalité du salut qui vient nous donne de vivre plus joyeusement et audacieusement. En Communauté nous avons été aidés par le travail du P. Bastian à bien comprendre ce qu’est le salut en Jésus et combien il vient toucher toute notre vie. Pourtant tant de choses nous retiennent en arrière, et nous en vivons trop peu.

Heureusement que l’Eglise par sa liturgie réveille nos torpeurs et ravive en nous la vertu d’espérance. Il faut cependant décider de s’arrêter et regarder pour voir Celui qui vient.

C’est ce que j’ai décidé de faire ce week-end en passant un long moment avec la Parole, et avec ma vie de ces derniers jours. J’ai décidé de vous partager quelques mouvements intérieurs. J’ai eu le privilège de faire un détour par Paris et Angers et de voir des villes illuminées invitant à la joie à la fête. Mon coeur d’enfant était à la fête. Par ailleurs, je rencontrais dans les transports des personnes pressées au visage sinistre n’hésitant pas à crier leur souffrance dans leur smartphone, des personnes de plus en plus nombreuses faisant la manche dans les rues et les bouches de métro, j’ai lu dans les journaux, les dégâts majeurs que causent la pornographie auprès des jeunes enfants, j’ai lu les débats autour des politiques migratoires et les drames qui se jouent au quotidien dans nos hôpitaux. J’étais sans voix, empruntant subrepticement la pente du découragement, quand de surcroît j’apprends la mort brutale d’un père de famille enlevée à l’affection des siens. Dans le même temps, j’ai vu aussi des personnes soucieuses de s’arrêter de se mettre à la hauteur des gens de la rue, les écoutant en osant les toucher, leur tendant la main et peut être une pièce; j’ai lu dans des revues d’associations des personnes désireuses de se mettre au service des plus démunis, je vois et côtoie des soignants qui se livrent sans compter dans leur travail et cherche au plus profond d’eux mêmes comment tenir… et ils tiennent par grâce. J’ai partagé un repas avec une de nos soeurs aînées que la vie n’a pas ménagé et qui ne cesse de tarir de gratitude envers son Seigneur.

Tout cela, m’a certes réconfortée ; néanmoins, il me fallait chercher encore plus loin, encore plus plus haut l’élan que je ne peux me donner. Une longue plage de silence m’a permis d’accueillir dans mes entrailles la Parole de Dieu. Celle-ci est venue me consoler et raffermir ma foi. Il y avait écho et en partie réponse aux malheurs dont j’étais témoin. Je vous partage une de ces paroles :

Sur la montagne de Sion, le SEIGNEUR de l’univers, préparera pour tous les peuples un repas de viandes grasses arrosé de bons vins, un repas de viandes tendres et grasses et de vins purs.

Sur cette montagne, il enlèvera le voile de deuil qui enveloppe tous les peuples, le drap des morts qui couvre tous les pays.

Il détruira la mort pour toujours. Le Seigneur DIEU essuiera les larmes sur tous les visages. Dans tout le pays, il enlèvera la honte de son peuple. Voilà ce que le SEIGNEUR a promis.

Et ce jour-là, on dira : « C’est lui, notre Dieu. Nous comptions sur lui, et il nous a sauvés. Oui, c’est dans le SEIGNEUR que nous avons mis notre espoir. Dansons de joie, réjouissons-nous : il nous a sauvés ! »

Is 25, 6-9

Comme, je l’attends ce temps où tous verront le Salut de Dieu, comme il est bon de l’attendre ensemble, et ainsi de nous aider à croire que Celui qui vient et qui est déjà là est le Vivant à jamais.

Monique


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