TOGO, Terre de conversion

Témoignage de Nadège, Alliée de la Communauté, qui revient de 9 mois à Sokodé où elle a vécu au service de la fraternité du Puits de Jacob dans le cadre d’un Volontariat de Solidarité internationale avec la DCC.

Togo, « Terre De Conversion », comme certains l’appellent. Oui, il y a eu des conversions en moi durant ce volontariat. Des conversions de regard, de mentalité, d’angles de vue.

Dès mes premiers pas sur le sol togolais, la précarité de ce pays m’a mis face à ma propre vulnérabilité dans cet environnement inconnu que j’allais devoir apprivoiser. Et j’ai compris que c’est en acceptant de me dépouiller, de sortir de mes sécurités que je parviendrai à rencontrer en profondeur cette terre d’accueil. Et cela a été le fil de rouge de mes neuf mois de volontariat. Ne pas avoir peur de ne pas savoir, se laisser surprendre, se laisser apprendre. Enfiler des lunettes toutes nouvelles et découvrir le neuf qui n’attend que mon ouverture de cœur et d’esprit pour se révéler. Et vivre, et faire avec pour que l’Autre réalise que nous avons soif de ce qu’il est. J’ai alors pu être enrichie de ceux-même qui luttent le plus pour vivre. Une véritable leçon d’humilité.   

L’expression très libre de la foi est un autre aspect de la vie togolaise qui m’a faite cheminer. On reconnaît aisément Dieu comme l’auteur de tout ce qui nous est donné. Cela me pousse à accueillir chaque moment vécu, chaque personne rencontrée comme un don de Dieu et à me rendre disponible à eux en mesurant la chance que j’ai de recevoir de si grands cadeaux, tout droit venu d’en haut.

Là-bas, l’important réside dans l’être plus que dans l’avoir : on accueille l’autre tel qu’on est, avec ce qu’on a et tel qu’il est avec ce qu’il a. Cela engendre un sentiment de grande bienveillance et d’accueil inconditionnel qui fait grandir la confiance en soi.

Je repars avec la certitude qu’il y a toujours un chemin possible. Je l’ai appris de ce peuple qui rencontre tellement d’obstacles et qui ne se laisse pourtant pas abattre. Il m’a été donné de l’expérimenter dans une relation que je jugeais sans issue. Finalement, un chemin s’est ouvert.

J’espère que ces quelques mots auront fait vivre le Togo dans vos cœurs. Tel est mon désir depuis mon retour en France, tout spécialement pour le corps communautaire, afin de faire grandir sa dimension franco-togolaise.



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