Se réjouir dans la petitesse

Maryse, Alliée de la Communauté, nous donne à goûter l’Avent dans sa vie d’enseignante en école maternelle. Maryse anime le parcours Foi et Vie professionnelle et les Chantiers-Retraite.

Très petite je me suis sentie au terme de cette semaine de travail.
Horaires à rallonge, réunions à foison, classe surchargée avec les élèves de collègues malades non remplacées, surcharge « cognitive comme on dit » .
Pour faire simple, j’étais Hors Service vendredi soir.
En ce samedi, je réalise combien Dieu a été présent dans toute cette semaine.
Je lui en rends grâces.
Je le bénis de me permettre de Le re-connaître.

Cette dernière journée de vendredi a été un peu « folle ».
Je peux écrire, avec le recul, « journée folle de la Présence du Père ».
En milieu d’après-midi, au retour de la séance de sport, j’ai regardé de loin l’état de
ma classe : 28 enfants de 5 ans, 3 adultes en soutien pour 5 enfants à besoins spécifiques, 2 étudiantes en formation, 1 aide maternelle… et moi.
Tout ce petit monde, dans un petit espace classe.
Très petite, je me suis sentie !

Ce qui est monté en moi ?
Le besoin de rassembler, le besoin de créer une parenthèse, le besoin d’aider à respirer. Plutôt que de nous jeter dans un « Faire » – les activités d’apprentissage ne manquent pas dans une classe de maternelle en décembre – nous emmener dans un « Être  ensemble ».


Tous assis autour de l’ellipse dessinée au sol, nous voilà à écouter le silence, à regarder les lumières clignotantes du sapin décoré du matin, à regarder le copain, la copine, à admirer la flamme des petites bougies-lumignons.
Une question est venue : « Qu’est ce qui fait qu’on est bien… là ? ».
Petit instant philosophique, me direz vous, cela devient à la mode en école maternelle.
Je dirais plutôt : Moment de grâce donnée et reçue parce que la porte de l’enfance était ouverte.

On respire , on se regarde, on ne fait rien… D’un coup, l’espace s’ouvre, la classe devient plus grande.
« Regarde les étoiles découpées sur les fenêtres dans le jour qui baisse… »

Je me suis sentie tellement petite, face à ce mélange de fatigue et d’excitation commune, que j’ai pu lâcher et faire place…
Faire place et faire confiance aux plus petits, à leurs mots, leurs expressions, leur regard, leur spontanéité.
Participer à laisser émerger cet esprit d’enfance dont nous avons tant besoin, c’est une des grandes joies de mon métier.
Cela me ramène à cet écrit de Maria Montessori :

« L’enfant est, pour l’humanité, à la fois un espoir et une promesse. En prenant soin de cet embryon comme de notre trésor le plus précieux, nous travaillerons à faire grandir l’humanité. »

Maria Montessori – L’Éducation et la paix, p. 76

Réjouissons-nous dans nos petitesses.
Réjouissons-nous de ce Tout Petit qui vient à nous.

Maryse


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