Pour le parcours d’Avent « L’espérance vient », nous vous proposons chaque mercredi un texte à écouter, lire et méditer. Cette semaine, un autre texte du P. Bernard Bro (prêtre Dominicain, 1925-2018, écrivain et prédicateur sur France Culture et le « Jour du Seigneur »), tiré de « Contre toute espérance » (ed. Cerf 1975).
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« Un jour nous découvrons qu’avant même toute initiative de notre part, quelqu’un nous a aimé et nous aime, et nous découvrons tout ce que nous avons coûté à cet amour, nous découvrons le prix de notre dignité parce que nous découvrons le prix de l’attachement que Dieu nous porte.
Quelqu’un a donné sa vie pour nous et rien ne peut désormais nous arracher à cet amour. Notre nom est inscrit dans la paume de ses mains.
Oui, comme cette femme et à la suite des millions d’hommes qui, par Jésus-Christ s’ils sont chrétiens, par la Parole s’ils sont juifs ont découvert cet amour, nous avons pu nous aussi nous écrier : je sais qu’Il m’aime. Et alors pas à pas nous sommes passés de cette confiance obscure viscérale en la vie à une certitude infiniment plus puissante : quelqu’un a fait alliance avec nous, quelqu’un qui propose infiniment plus et réclame aussi infiniment plus de notre confiance.
Quelle que soit la manière dont s’est manifestée cette irruption prophétique dans notre vie, quel que soit l’époque de notre vie, que ce soit dans l’orage ou dans la lente assurance d’une aurore, une présence elle est là qui ne nous lâche plus et qui, comme dans tout amour, change entièrement les coordonnées de notre existence.
Le chrétien est cet homme qui, parce qu’il a découvert de manière concrète, incarnée, tangible, sensible au cœur, qu’il est aimé et invité à rendre amour pour amour, ne peut plus regarder l’avenir de la même manière.
Ce fut la joie d’Abraham, ce fut la joie de la libération pour les Hébreux, ce fut la traversée de la mer Rouge, c’est la joie de tout homme découvrant un jour ce crie plus fort que toutes les craintes : « je sais que mon sauveur vit. Je sais que Dieu est vivant. » Et, avec Job, on peut alors s’écrier : « je sais qu’à la fin Il se dressera. De mes yeux je verrai Dieu. Je le verrai, et Il ne se détournera pas de moi. »
Bernard Bro
Contre toute espérance (ed Cerf 1975)
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