Dieu n’a pas eu peur des mélanges

car on road

Partage de Monique Graessel, Communautaire.

En ces derniers jours de l’Avent, nous lisons le 17 décembre (début de l’octave de Noël) dans l’Evangile de Matthieu la généalogie de Jésus, Mt 1, 1-17. Je dois vous avouer humblement qu’autant je me délectais avec les textes poétiques d’Isaïe décrivant magnifiquement le salut, la vie en abondance donnée par Dieu, autant mon attention faiblissait à la lecture de l’évangile : « Abraham engendra Isaac, Isaac engendra Jacob… » et je la retrouvais subitement (mon attention) lorsqu’était évoqué à nouveau un autre Jacob qui engendra Joseph, l’époux de Marie de laquelle est né Jésus. Je me disais : enfin on y est ! Raccourci symptomatique, ou lapsus révélateur ; j’attendais donc la bonne nouvelle.

Il m’a fallu cheminer un temps certain pour saisir la profondeur et le message de cet épisode incontournable, que de saints prêtres dans mon enfance écourtaient également sans doute par peur de trébucher sur certains noms plus difficilement prononçables ! Qu’importe aujourd’hui j’attends cette lecture, car elle me dit tellement combien notre Dieu est proche et compatissant envers tous, combien la sainteté à laquelle il nous appelle passe par les méandres de nos vies. Oui dans l’histoire des origines de Jésus, on rencontrera  des rois courageux comme Ezéchias, d’autres aux mœurs quelque peu douteuses comme David, des femmes comme Rahaab la prostituée, Ruth l’étrangère, Marie la jeune fille d’Israël fiancée à Joseph. De curieux mélanges d’hommes et de femmes, de saints et de pécheurs. Quelle consolation de voir que la généalogie de Jésus n’a rien écarté de l’humanité, dans ce qu’elle a de plus beau, de plus noble, et ce qu’elle a aussi de hideux, de honteux. A travers tout cela, la grâce imprévisible se fraie toujours un chemin, et c’est à elle que nous devons nous attendre nous aussi.

Accompagnant au détour de nos missions et activités, de nombreuses personnes évoquant leurs histoires parfois troublées, je mesure encore mieux combien seul Jésus peut les guérir, tellement il est de par ses origines susceptible de les rejoindre. Je vous invite de tout cœur à vous arrêter sur ce passage, et à chercher dans votre Bible, les étonnants personnages, et que cela soit pour vous un motif d’espérance, en ces temps troublés, spécialement dans l’Eglise, mais pas seulement. 

C’est avec R.E BROWN spécialiste de la Bible, dans un ouvrage intitulé « Lire les évangiles au temps de l’Avent »  (Editions du Cerf) qui m’a conduit personnellement vers cette heureuse découverte, que je termine mon propos. Je le cite : 

Le Dieu qui a écrit le commencement avec des lignes courbes écrit aussi la suite avec des lignes courbes, et certaines de ces lignes sont notre propre vie et notre propre témoignage… Les chrétiens qui affirment croire en Jésus et l’aimer, mais qui ne peuvent accepter l’institution qu’est l’Eglise parce qu’elle est loin d’être parfaite et peut même être une occasion de scandale, n’ont pas compris le début de l’histoire et ne seront pas disposés à en affronter la suite.

R.E. Brown

Je vous invite à méditer ces paroles et à demander à Jésus qu’il nous donne comme grand cadeau de lui ressembler toujours davantage. Notre monde en a tellement besoin.

Fraternellement,

Monique


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