Arrivée à Sokodé


Beaucoup d’entre vous connaissent notre sœur Nadège Kuster. Nadège est Volontaire de DCC (Délégation Catholique à la Coopération), en poste à Sokodé depuis le 15 décembre 2020 pour 9 mois. Nadège a vécu trois ans dans la « Colocation chrétienne à l’école du Puits »  durant ses études d’éducateur de jeunes enfants. Elle a été alliée de la Communauté pendant 2 ans et se préparait à partir au Bénin en Volontariat, ce qui n’a pu se faire pour des raisons sécuritaires. Finalement elle est arrivée à Sokodé au service de la Communauté. Lors d’un récent échange, nous lui avons demandé ce qu’elle découvrait de neuf de la Communauté en vivant ainsi avec nous.

« J’avais décidé l’été dernier de ne pas renouveler mon engagement d’alliée du fait de mon départ initialement prévu en volontariat au Bénin. Je disais que ma mission me prendrait trop d’espace pour pouvoir me sentir réellement investie de celle de la Communauté du Puits de Jacob. Et me voilà finalement immergée pleinement dans cette mission au Togo au cœur même de la Communauté. Plusieurs d’entre vous m’avaient demandé pourquoi je n’allais pas au Togo et chaque fois je répondais que ma démarche s’inscrivait dans un abandon total à la volonté de Dieu, que je ne voulais rien maîtriser. Et c’est au cœur même de ce lâcher-prise que mes pas ont été conduits à Sokodé pour mettre mes capacités au service de cette Communauté qui m’a tant apporté au début de ma vie de foi d’adulte.

J’ai eu besoin de temps et de prière pour accueillir pleinement cette nouvelle mission. La mission qui m’était destinée au Bénin était en relation directe avec des enfants du pays et correspondait à mes compétences professionnelles. Je me suis sentie à certains moments illégitime de partir sous le statut de Volontaire pour m’investir dans une communauté française au Togo. Le volontariat implique une notion de développement et j’avais du mal à percevoir de quelle manière ma mission au sein de la Communauté comprenait cela. 

C’est en m’inscrivant au cœur même des missions encore possibles malgré le Covid que j’ai réalisé combien cette Communauté constituait pour la population locale un puits abreuvant leur soif d’une vie enracinée en Celui qui nous donne la force. Beaucoup de personnes ici sont marquées par d’importantes blessures, liées aux morts précoces, aux conditions de vie misérables, aux conséquences désastreuses de la polygamie. C’est dans toutes ces situations que la Communauté par son charisme de restauration de l’homme dans toutes ses dimensions a un rôle essentiel. Je l’ai vu lors des assemblées de prière ou malgré les malheurs qui s’abattent sur eux, sur leur famille, les personnes continuent de louer Dieu de tout leur cœur et de croire en sa bonté. Je l’ai perçu aussi au sein du groupe de jeunes  de la Samaritaine, face à des jeunes assoiffés d’une construction humaine solide, qui cherchent un soutien pour ne pas suivre l’esprit du monde.

De manière générale, l’Eglise d’Afrique me révèle une foi bien plus visible que chez nous. Personne ne cache sa foi ! Même dans certaines épiceries on entend passer des chants chrétiens. Ils s’imprègnent de Dieu par la louange dans leur quotidien. Alors, même si parfois cela peut paraître démonstratif, je crois qu’au fond on ne peut pas clamer que Dieu est vainqueur sans y croire au fond de soi-même et sans en vivre dans son quotidien. Je me laisse beaucoup enseigner par cela. C’est donc avec joie que je me retrouve finalement plongée au cœur même de la Communauté. Je suis heureuse que la réponse donnée à ma soif de me donner s’incarne ainsi. « 

Merci Nadège pour ton témoignage, pour ta manière de te laisser conduire, pour ton élan et ta joie ! 


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