Le Seigneur m’a sauvé de mon ombre le jour où il m’a aimé

La faiblesse et la fragilité sont le chemin par lequel Jésus vient nous toucher et nous bouleverser. Aujourd’hui Vincent, allié, témoigne de cette rencontre qui a radicalement changé sa vie.


« Ce qu’il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi, pour couvrir de confusion ce qui est fort. » a écrit Paul dans sa première lettre aux Corinthiens (1 Cor 1, 27). Ma faiblesse, ma fragilité ont été les portes d’entrée par lesquelles Dieu s’est révélé à moi pour confondre mon apparente solidité. Par là, Jésus m’a invité à parcourir un chemin sur lequel il nous a précédés, un chemin qui l’a mené de la crèche à la croix.

Ce chemin de la crèche à la croix parcouru par Jésus est un chemin qui m’a ouvert à la vie. Totalement incroyant, je fus soudainement inondé d’un amour indicible. J’ai souvenir des paroles qui sont venues à moi à ce moment : « Dieu m’aime, il existe ». D’incroyant, je suis devenu croyant. Une joie intense m’a traversé et habité durant des semaines. Ce même jour, je suis né à Dieu et à moi-même. Pour la première fois de ma vie, à l’âge de 22 ans, j’ai eu le sentiment de réellement exister, d’être vivant, d’être quelqu’un. Je suis devenu croyant et vivant en cette seconde-là. Le Seigneur m’a sauvé le jour où il m’a aimé. 

L’amour de Dieu a été dès lors, pour moi, le fondement de ma vie. J’avais enfin trouvé le socle solide sur lequel m’appuyer pour affronter mes fragilités, mes blessures. Le Seigneur est entré chez moi, son amour a rejoint et vivifié la source de ma fragilité. Mon corps, ma psyché conservent encore aujourd’hui l’imprégnation, le parfum de cette expérience amoureuse.

Au fil du chemin, j’ai découvert que je pouvais dénaturer cet amour de Dieu en le détournant de sa finalité. La tentation était grande d’utiliser l’amour de Dieu pour combler certains trous affectifs. Dieu est amour mais l’amour n’est pas Dieu. Ce n’est pas à l’amour qu’il fallait m’attacher mais Dieu qu’il me fallait chercher et suivre.

Au fil du chemin, j’ai saisi que je garderai toujours au moins les cicatrices de mes blessures. Le Seigneur a gardé dans sa chair les traces des clous et la marque de la lance qui l’a transpercé. Au fil du compagnonnage avec le Seigneur, il m’a appris à faire la paix avec moi-même, à voir dans mes blessures des sources de grâces et à les mettre au service du Seigneur et des frères et sœurs.

Quand, à certains moments, certaines blessures se rappellent à moi, je me tourne vers Jésus, mon frère, mon Seigneur et mon Sauveur. À sa suite, comme lui, je me tourne vers mon Père du ciel et me remets à Lui. Jésus m’apprend à le suivre. En le regardant, j’ai découvert combien Jésus n’a jamais lâché la main de son père tout au long de son chemin qui l’a mené de la crèche à la croix. 

Au fil des années, j’ai appris du Seigneur à reconnaître la voix discrète du Père et du Fils, le souffle de l’Esprit-Saint qui parle à mon cœur. 

Sur ce chemin de la crèche à la croix, que Jésus m’a invité à emprunter à sa suite, j’ai toujours le sentiment, comme le dit le titre d’un livre du cardinal Etchegarray, « d’avancer comme un âne… trois pas en avant, deux pas en arrière ».

Vincent Utz


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