Lettre de Pentecôte 2018 – spécial 40 ans!


Comment le père Raniero Cantalamessa, prédicateur de la Maison Pontificale, spécialiste des débuts du christianisme et surtout grand ami et accompagnateur du Renouveau Charismatique, oui, comment se fait-il qu’il soit venu jusqu’à Strasbourg, à la Pentecôte, à l’invitation du diocèse ? Et – surprise ! – comment est-il venu jusqu’à la Thumenau le dimanche de Pentecôte ? Les voies du Seigneur, décidément…

Al’aide de deux citations bibliques, le P. Raniero nous a plongés dans l’essentiel : lors de la Pentecôte, s’émerveille-t-il, « ils furent tous remplis du Saint–Esprit » (Ac 2,4), tous ! et « Dieu a répandu son amour dans nos coeurs par le Saint–Esprit qu’il nous a donné » (Rm 5,5). Réalisez- vous, continue-t-il, que tous, absolument tous ont été à ce moment-là remplis de l’amour de Dieu ? Que l’expérience personnelle et tous ensemble de l’amour de Dieu est à la racine de l’Eglise ? Où cela est-il encore proposé aujourd’hui ?

Qu’une telle parole puisse être dite à travers tout le diocèse et jusque dans la cathédrale, avec la caution de Mgr Ravel, présent au début de la rencontre, ne peut que nous faire jubiler et rendre grâce, nous autres, membres des Nouvelles Communautés Ecclésiales et du Renouveau Charismatique ! Ce que nous avons toujours cru, à savoir que la vie chrétienne commence vraiment quand on fait une rencontre personnelle avec Jésus Seigneur et Sauveur et quand on apprend à se laisser conduire par le Saint-Esprit, cela est prêché au coeur même de l’Eglise d’Alsace ! Alors notre joie est complète d’y avoir quelque peu contribué par notre double fidélité à la grâce du Renouveau et à l’Eglise, dans l’attente active de l’unité des chrétiens.

Vous avez entre les mains non seulement un numéro « spécial 40 ans de la Communauté », mais une Lettre du Puits tout entière spéciale ! En effet, en la préparant, notre Comité de rédaction s’est plusieurs fois un peu égaré entre hier et aujourd’hui. C’était un peu comme s’il n’y avait plus de passé ni de présent, mais un seul temps, le temps de Dieu et de sa geste de salut gravée dans notre mémoire communautaire. La lumière s’est faite quand m’est revenue l’idée si biblique de « mémorial ». On voit très clairement dans les Ecritures Saintes que les événements fondateurs sont racontés sans fin, que le psalmiste les chante sans se lasser, que les prophètes les répètent au peuple oublieux de son salut, que la sagesse véritable s’acquiert en se souvenant.

« Dans le sens de l’Ecriture Sainte, le mémorial n’est pas seulement le souvenir des événements du passé, mais la proclamation des merveilles que Dieu a accomplies pour les hommes (cf. Ex 13,3). Dans la célébration liturgique de ces événements, ils deviennent d’une certaine façon présents et actuels. C’est de cette manière qu’Israël comprend sa libération d’Egypte : chaque fois qu’est célébrée la Pâque, les événements de l’Exode sont rendus présents à la mémoire des croyants afin qu’ils y conforment leur vie. »

Catéchisme de l’Eglise Catholique n° 1363

Voilà pourquoi, au fur et à mesure de la lecture de cette Lettre, vous percevrez peut-être de plus en plus son poids de vie et d’amour donnés et reçus. C’est que les visages des frères et soeurs présents et absents, vivants ou morts, les événements vécus dans la jubilation ou dans la détresse, les franchissements de seuils de maturité, les milliers d’assoiffés de vie, de bonheur et de vérité qui sont venus au Puits pour se désaltérer, tout cela se superpose en transparence pour dessiner une unique histoire sainte et toujours vivante. C’est notre histoire, et aussi la vôtre, amis lecteurs !

Et que dit-elle, cette histoire, sinon que « Dieu est amour » (1 Jn 4,8) ?

P. Bernard Bastian



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