Tout commence par le oui de Marie


Pour le parcours « Viens Prince de la Paix ! », nous vous proposons une lecture spirituelle de Olivier Turbat, frère du Chemin Neuf : à la suite de Marie, acquiesçons à l’œuvre de Sa Grâce, redisons un oui total, sans réserve.

L’ange ne vient pas demander à Marie de répondre oui ou non à sa question. Il ne s’adresse d’ailleurs pas à elle sous forme interrogative.

La question est plus fine que cela. Marie est déjà en communion avec Dieu. Conçue sans péché, elle est dans une communion d’amour telle qu’elle a déjà tout remis entre ses mains. Mais Dieu lui demande de ratifier cette communion, de faire ce petit mouvement de l’âme où elle remet à nouveau concrètement sa vie entre les mains du Père.

Acceptation totale. Obéissance du cœur.

« Qu’il me soit fait selon ta parole »

(Lc 1,38)

À certaines heures, le Seigneur nous demande la même démarche. Il sait bien que nous voulons le suivre, que nous avons d’une certaine manière déjà accepté d’être avec lui. Nous sentons que nous ne pouvons plus reculer, que notre vie est déjà définitivement marquée par son appel. Et pourtant, il demande parfois un pas nouveau, un infime mouvement de l’âme, qui capitule, qui redit un oui total, sans réserve.

Ce n’est pas tout à fait la même chose de savoir que nous ne pouvons plus reculer et d’engager consciemment notre liberté dans une situation nouvelle qui se présente à nous.

Mystère de notre liberté temps respectée par Dieu. Il semble parfois se retirer. Il se fait alors mendiant de notre Fiat, nous obligeant un acte de pure liberté, où du fond de notre misère, nous acquiesçons à l’œuvre de sa grâce.

Et ce petit pas, ce petit mouvement d’âme peut alors nous coûter plus que nos grandes décisions au début de notre vie chrétienne. Car il s’agit de ne plus s’appartenir, de tout donner… Thérèse Couderc aurait dit de se livrer ce qui est plus que de se donner. Elle écrivait le 13 février 1864 à sa Supérieure générale : « se livrer, c’est plus que se dévouer. C’est plus que se donner, c’est même quelque chose de plus que s’abandonner à Dieu. Se livrer enfin c’est mourir à tout et à soi-même ne plus s’occuper du moi que pour le tenir toujours tourné vers Dieu. »

Olivier Turbat
in « La fragilité et la grâce »
ed. Ad Solem spiritualité 2018


Olivier Turbat, prêtre, frère du Chemin Neuf, tient son journal spirituel depuis près de vingt ans. On y découvre un homme qui cherche inlassablement à placer toute sa vie sous le regard du Christ. Conscient de ses limites, de l’orgueil qui le guette, il avance vers toujours plus d’humilité et d’abandon. L’AVC qui diminua fortement ses capacités physiques en 2011 l’oblige radicalement à poursuivre ce chemin de dépossession et d’acceptation de sa condition fragile. (acheter le livre)


Evangile Selon St-Luc – Annonciation à Marie Bernadette Lopez, alias Berna ® – https://www.evangile-et-peinture.org/

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