En ce début de carême…

En ce début de carême voici un texte de Saint Dorothée de Gaza, moine du VIème siècle, qui reste d’une étonnante actualité et qui peut nous aider à entrer avec joie dans cette marche vers Pâques… Et pourquoi pas nous inviter à vivre la retraite Alimentation et Vie Spirituelle en cette fin de semaine?

« Quiconque veut être purifié des péchés de toute l’année au moyen de ces jours de Carême, doit d’abord se garder de l’indiscrétion dans la nourriture, car selon les Pères, l’indiscrétion dans la nourriture est la source de tout mal chez l’homme. Dans l’usage de la nourriture, c’est une même action de manger par besoin et de manger par plaisir, mais le péché est dans l’intention. Il mange par besoin celui qui, s’étant fixé une ration journalière, la diminue s’ il se rend compte, par l’alourdissement qu’elle lui cause qu’il faut retrancher quelque chose. Si, au contraire, cette ration, loin de l’alourdir, ne soutient pas son corps et doit être légèrement augmentée, il y ajoute un petit supplément. De cette manière, il évalue avec précision ses besoins et se conforme ensuite à ce qui a été fixé, non pour le plaisir mais dont le but de maintenir la force de son corps. Il lui faut aussi prendre cette nourriture avec action de grâces, en se jugeant dans son cœur indigne d’un tel secours.

Voilà pour la tempérance du ventre. Mais nous ne devons pas seulement surveiller notre régime alimentaire, il faut éviter pareillement tout autre péché et jeûner aussi bien de la langue que du ventre en nous abstenant de la médisance, du mensonge, du bavardage, des injures, de la colère, en un mot de toute faute qui se commet par la langue. Il nous faut également pratiquer le jeûne des yeux en ne regardant pas de choses vaines, en évitant un regard trop hardi, en ne dévisageant personne impunément. Il faut interdire de même aux mains et aux pieds toute action mauvaise.

Pratiquant ainsi un jeûne agréable à Dieu, comme disait Saint Basile, nous abstenant de tout mal qui se commet par chacun de nos sens, nous approcherons du saint jour de la Résurrection, renouvelés, purifiés et dignes de participer aux saints mystères. Nous sortirons d’abord à la rencontre de notre Seigneur et nous l’accueillerons avec des palmes et des rameaux d’olivier, tandis qu’assis sur un ânon, il fera son entrée dans la cité sainte. Nous irons à sa rencontre avec des palmes comme au-devant d’un vainqueur, puis qu’il a vaincu pour nous. Nous porterons aussi des rameaux d’olivier pour implorer sa miséricorde, afin que, comme il a vaincu pour nous nous soyons aussi victorieux grâce à lui. »

Les Instructions de Dorothée de Gaza, Instruction XV , n°161 à 164


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