Lettre de Noël 2021


Vous avez entre les mains la Lettre du Puits de Noël. Si elle est comme une corbeille pleine de bonnes nouvelles, ce n’est certainement pas pour honorer la trêve des confiseurs de 1875 mais c’est bien pour témoigner de la force de la transformation de l’espérance chrétienne !

Au regard des souffrances qui frappent jour et nuit les personnes, les sociétés et les états dans un monde et une planète en profondes mutations, nos illuminations de Noël semblent désuètes et échouent à mettre la paix et la joie dans notre cœur. Trop de signaux clignotent sur le monitoring social, qui disent la peur qui habite de plus en plus les gens. Or, écrit fort justement une maman dont les enfants ont été cruellement frappés par des maladies génétiques, le plus grand ennemi du bonheur, ce n’est pas le malheur, c’est la peur (Anne-Sophie Julliand). En lisant cette Lettre, vous pourriez en effet petre tentés de vous demander: « où diantre est passée la peur? »; voire même: « vivent-ils dans la réalité? ».

Voilà donc la question. Elle est bien posée, c’est celle de « la réalité »… La nôtre, je veux dire celle qui est chevillée au cœur des frères et sœurs du Puits de Jacob, est bien la réalité de tout le monde, mais, dans le même temps, elle est complètement autre. Pour reprendre la formule de Jésus lui-même, ses disciples sont dans le monde, mais pas du monde (Jean 17) car par la foi ils accèdent à un autre ordre de réalité. La lettre aux Hébreux nous offre un puissant éclairage:

Et qu’est-ce que la foi? C’est une ferme confiance dans la réalisation de ce qu’on espère, c’est une manière de le posséder déjà par avance. Croire, c’est être absolument certain de la réalité de ce qu’on ne voit pas.

He 11, 1 (trad. Parole Vivante)

Les femmes qui ont porté un enfant comprennent aisément cette Parole de Dieu, tant elles sont absolument certaines de la réalité de ce qu’on ne voit pas encore. L’enfant est déjà là et pourtant, en même temps, il n’est pas encore là ! N’est-ce pas l’expérience de Marie, la Mère de Jésus? Marie attend ce qui est déjà en elle. Tous ceux qui espèrent chrétiennement attendent ce qui est déjà en eux: la Parole de Dieu qui se fait chair et qui s’accomplit selon sa propre promesse (Adrienne von Speyr).

Autrement dit, pour nous autres chrétiens, Noël n’est pas juste une « fête de fin d’année » où on essaye d’égayer un peu nos vies trop malmenées. Noël, c’est une attitude, c’est une posture, c’est s’attendre chaque jour à que s’accomplisse selon sa propre promesse la Parole de Dieu qui se fait chair.

C’est pourquoi nous ne rougissons pas de vous partager dans ce cahier les petites et les grandes choses qui peuplent notre vie de foi personnelle et communautaire. Elles sont tout aussi réels que les soucis et autres souffrances de la vie. Quand les personnes qui ont passé un moment après de nous nous disent qu’elles sont saisies par la paix, la joie et la fraternité, c’est qu’elles ont souvent été touchées par cette « Réalité dans la réalité » qui s’appelle Jésus-vient-pour-nous-sauver, et qu’on apprend chaque jour un peu plus à « voir » par la foi.

Pour finir, j’aime vous partager une parole d’un grand amoureux de la Bible. Je me la rappelle souvent, surtout lorsque mon positionnement de chrétien dans le monde devient difficile: Le règne de Dieu est déjà là, mais le jour du Fils de l’homme pas encore. La tension entre le présent et l’absent, le déjà là et le pas encore, est la marque du temps de l’Eglise dans le projet de Dieu (Pasteur Antoine Nouis).

P. Bernard Bastian



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