Quatrième Dimanche

Message de François Vignon, Modérateur de la Communauté.

Mon très cher beau-frère Pierre, moine à l’abbaye de Tamié, a décidé de prendre soin de moi dans ma fonction de modérateur en m’envoyant chaque semaine, les lectures spirituelles lues à l’office de vigile. Cela « refait mon âme ».

Il m’a envoyé, pour cette dernière semaine de l’Avent, ce magnifique texte de Karl Rahner, sj, « L’incarnation est grâce » que j’aurais envie de partager avec vous.

Je suis à Lomé depuis hier soir, bienheureuse journée pour me poser après trois intenses et, je l’espère, fructueuses semaines de visite pastorale à Sokodé.

J’espère que vous allez tous bien et je vous souhaite une bonne quatrième semaine d’Avent.

François Vignon


L’INCARNATION EST GRÂCE 

L’Incarnation du Fils de Dieu est le mystère absolument imprévisible, le libre mystère de la grâce divine […] Le cours terrestre du monde, si entremêlé qu’il soit de la plus grande noblesse que ce monde peut fournir, se trouve ici interrompu. D’en haut tombe verticalement l’imprévisible miséricorde de Dieu : la naissance du Fils […]

Marie se met à la disposition de cet acte de Dieu. Elle s’y met de telle façon qu’en elle, c’est réellement sortant de nous et pour tant venant totalement d’en haut, que peut faire son apparition le don absolu de Dieu – le Seigneur dans notre chair. C’est parce qu’il n’est pas du monde, mais d’en haut, que Marie est Vierge. Elle rend tangiblement présent et manifeste le fait que, en dehors des forces de ce monde, même des plus nobles et des plus importantes, même de celles qui concourent au développement de l’humanité, à l’affermissement des peuples, à la promotion de l’existence humaine, il existe encore quelque chose de tout autre. Quelque chose que tout cela ne peut contraindre à descendre, mais qui est grâce et qui n’advient que par la libre faveur du Dieu éternel. 

Non point avec des mots, mais dans la tangibilité de la vie humaine, la virginité de Marie et l’absence de père dans la naissance du Seigneur désignent, une seule et même chose : Dieu est le Dieu de la grâce libre. Il est le Dieu que tous nos efforts ne sauraient forcer à descendre, le Dieu que nous pouvons seulement recevoir comme la grâce s’offrant soi-même d’une façon inexprimablement libre. Une telle réalité ne devait pas seulement animer les dispositions du cœur de Marie, mais elle devait s’imprimer dans tout son être et jusque dans sa corporéité : être manifestée et représentée dans son existence corporelle. 

Voilà pourquoi Marie est vierge et d’esprit et de corps, exceptionnelle en tout dans le plan de Dieu

Karl Rahner, sj, Marie, Mère du Seigneur, p. 84-86.


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