Pour éclairer notre chemin vers Pentecôte, Monique Graessel (communautaire) et Carole Monmarché (alliée), vous proposent une lecture spirituelle des cinq épisodes des actes des apôtres. Aujourd’hui cherchons à comprendre ce que fonde les communautés chrétiennes.
Image : Fraction du pain. Catacombes de Priscille (Rome, IIIe siècle)
Ac 2, 37-47
37 Les auditeurs furent touchés au cœur ; ils dirent à Pierre et aux autres Apôtres : « Frères, que devons-nous faire ? »
38 Pierre leur répondit : « Convertissez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus Christ pour le pardon de ses péchés ; vous recevrez alors le don du Saint-Esprit.
39 Car la promesse est pour vous, pour vos enfants et pour tous ceux qui sont loin, aussi nombreux que le Seigneur notre Dieu les appellera. »
40 Par bien d’autres paroles encore, Pierre les adjurait et les exhortait en disant : « Détournez-vous de cette génération tortueuse, et vous serez sauvés. »
41 Alors, ceux qui avaient accueilli la parole de Pierre furent baptisés. Ce jour-là, environ trois mille personnes se joignirent à eux.
42 Ils étaient assidus à l’enseignement des Apôtres et à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières.
43 La crainte de Dieu était dans tous les cœurs à la vue des nombreux prodiges et signes accomplis par les Apôtres.
44 Tous les croyants vivaient ensemble, et ils avaient tout en commun ;
45 ils vendaient leurs biens et leurs possessions, et ils en partageaient le produit entre tous en fonction des besoins de chacun.
46 Chaque jour, d’un même cœur, ils fréquentaient assidûment le Temple, ils rompaient le pain dans les maisons, ils prenaient leurs repas avec allégresse et simplicité de cœur ;
47 ils louaient Dieu et avaient la faveur du peuple tout entier. Chaque jour, le Seigneur leur adjoignait ceux qui allaient être sauvés.
Ce passage est précédé par le discours de Pierre qui reprend le témoignage de la vie du Christ, citant les prophéties de l’Ancien Testament. Ce témoignage transperce le cœur des auditeurs qui posent la question « Que devons- nous faire ? » Pierre les appelle à la repentance et à la conversion.
La conversion : Se repentir c’est-à-dire changer de pente, de pratiques d’habitudes, et se convertir « metanoïa » c’est-à-dire changer de mentalité, se laisser transformer par la grâce.
Peut – être sommes – nous chrétiens depuis longtemps, et nous n’avons pas vécu une conversion radicale, nous faisant passer d’un état, où nous vivions sans Dieu, à une rencontre du Christ à la Saint Paul, mais qu’en est-il pour nous, de notre conversion au quotidien à Jésus Seigneur et Sauveur, qui nous invite à le suivre de plus près ?
Ce passage pose une deuxième question, en montrant les caractères spécifiques de la Communauté chrétienne : l’assiduité à l’enseignement des apôtres, la communion fraternelle, la fraction du pain, la prière (At 2,22).
Analysons chaque point:
L’enseignement des apôtres — ce que l’on appelle communément la tradition apostolique — s’appuie sur la parole de Dieu confiée par le Christ et par l’Esprit Saint aux apôtres qui la transmettent à leurs successeurs pour qu’ils la gardent vivante et la répandent avec fidélité.
La communion fraternelle ou communion des cœurs trouve son origine dans notre appartenance commune au Christ ; elle nous appelle à vivre au plus près de lui, et à vivre de son esprit entre nous.
La fraction du pain, « source et sommet de la foi chrétienne » (selon le Concile, voir Lumen Gentium 11) célèbre la mort résurrection du Christ. Jésus se donne en nourriture afin que nous vivions de Lui.
La prière fraternelle, est fondée sur la rencontre entre chrétiens, pour louer Dieu, célébrer sa grandeur, approfondir les écritures, notamment les évangiles qui nous donnent de mieux connaître Jésus et ainsi vivre davantage du Royaume.
Si l’on a parfois eu tendance à idéaliser ses premières communautés chrétiennes, il n’en est pas moins vrai que ce qui est dit dans ce passage des actes est un horizon qui s’offre à nous, en réponse à l’appel du Christ. Néanmoins cela suppose de passer du rêve, d’une communauté parfaite, idéale à une communauté de pécheurs pardonnés toujours en chemin. D. Bonhoeffer nous éclaire :
La communauté chrétienne signifie nécessairement communauté en Jésus Christ et par Jésus Christ. Le Seigneur est la source du besoin communautaire, il rend possible la communion fraternelle, il nous a choisis en vue de cette communion avant tous les siècles. La fraternité chrétienne n’est pas un idéal humain, mais un cadeau de Dieu. Celui qui préfère son rêve de communion sentimentale, humaine, à la réalité devient un saboteur de l’œuvre divine. Il pose à l’Eglise des conditions et s’érige en juge de ses frères, et même de Dieu. C’est quand nous cessons de rêver à propos de la communauté chrétienne qu’elle nous est donnée.
D. Bonhoeffer, « De la Vie communautaire »
Voici quelques pistes pour approfondir ces réflexions.
Pour ne pas idéaliser ces premières communautés, et rester attachés au texte nous pouvons lire Actes 4,32-37, puis Actes 5,1-11.
- Quel est mon lieu d’insertion ecclésiale ? Où est ce que je vis concrètement le partage comme nous y invite le pape François dans l’encyclique Laudato Si (93) : « La tradition chrétienne n’a jamais reconnu le droit à la propriété privée comme absolu ou intouchable, et a souligné la fonction sociale de toute forme de propriété privée »
- Concrètement que revêtent ces différentes dimensions de la communauté chrétienne pour moi aujourd’hui ?
- Peut- être ai- je des questions par rapport à l’un ou l’autre des aspects de cette vie communautaire, ecclésiale ? Avec qui je me sentirai d’en parler pour avancer ?
Monique Graessel
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Le premier lieu d’insertion ecclésiale est ma paroisse. Je goûte au partage entre frères et sœurs grâce aux groupes de partage de la communauté.
En paroisse, en accompagnant les enfants sur le chemin du premier Pardon, cela m’amène à me re concentrer sur les bases et les fondements de la foi. Et je chemine autant qu’eux, ré apprend les mots et signification de paroles maintes fois entendues et des prières. Former un groupe de confiance, où Jésus est au milieu de nous, les inviter à goûter à cette fraternité en Jésus.