Une année de volontariat avec la Communauté

Le 31 décembre Maïlys a terminé son année comme volontaire de la DCC (Délégation Catholique de la Coopération) auprès de la Communauté à Sokodé. Elle fait le bilan de cette année en proximité avec les Togolais et la Communauté...

Lorsque j’ai décidé de partir en volontariat auprès de la Communauté du Puits de Jacob au Togo, beaucoup de choses m’ont traversé l’esprit mais je partais confiante car je m’étais fait une idée de ce qui m’attendrait, tout en sachant que je partais vers l’inconnu. Mon volontariat représentait une aventure sur tous les plans : professionnel, spirituel, personnel et humain.
Ma mission auprès de la Communauté, en tant que conductrice de travaux, est dans la continuité de mon ancien poste de chargée de projet de construction au sein d’une mairie mais avec une valeur humaine plus importante. C’est cette valeur, qui était absente dans mon ancien poste, que je cherchais à retrouver à travers le volontariat. En somme, bien que les projets du Centre Médical et de Kparioh ne se soient pas déroulés comme prévu, j’ai pu néanmoins mettre mes compétences au bénéfice des projets de la Communauté et c’est le principal.

En effet, même si dans les deux cas les objectifs principaux du projet n’ont pu être atteints, nous avons néanmoins, les Communautaires et moi, réussi à avancer sur des points qui permettent d’atteindre ces objectifs. J’ai trouvé ce qui me manquait dans mon ancien poste, tout en développant des compétences transversales telles que la recherche de fonds, le développement de support de communication ou la formation.

La beauté et la richesse du Volontariat réside dans le fait qu’il nous impose d’avoir plusieurs casquettes. De conductrice de travaux à chercheuse de fonds, en passant par des missions d’assistante comptable et de secrétaire, j’ai réalisé plusieurs missions dans la mission, et j’ai adoré. J’ai d’autant plus aimé ces missions qu’elles m’ont permis de mieux comprendre la Communauté et son fonctionnement.

N’étant pas catholique, j’ai apprécié l’ouverture de la Communauté (au Togo et en France) vis-à-vis de ma personne et de ma curiosité. Je ne connaissais rien sur les communautés religieuses avant d’arriver au Togo, et aujourd’hui, je suis admirative de ce qui anime des personnes à vivre en communauté. Au cours de nos échanges, les Communautaires ont répondu à mes interrogations sur le fonctionnement de la Communauté du Puits de Jacob, sur leur parcours personnel et spirituel, sur la place des croyances et des religions au Togo, etc. Ces discussions qui peuvent paraître anodines de l‘extérieur, étaient très importantes pour moi car elles démontraient à la fois la confiance des communautaires à mon égard et mon intérêt et mon respect pour la Communauté et sa philosophie de vie.

L’accueil de la Communauté est à l’image de l’accueil que les Togolais m’ont réservé : généreux et bienveillant.

L’accueil de la Communauté est à l’image de l’accueil que les Togolais m’ont réservé : généreux et bienveillant. Le hasard a voulu que j’expérimente la tolérance et l’acceptation de l’autre au Togo, alors qu’en parallèle, ces notions perdaient (ou perdent) un peu plus de sens en France. Vivre cette expérience en étant spectatrice de tout cela a donné une dimension plus profonde aux rapports humains que je vis.

Cette dimension est d’autant plus importante que la particularité de ma mission implique que j’ai peu de contact avec des autochtones au quotidien par rapport à d’autres volontaires. C’est quelque chose que j’aurais pu regretter mais je l’accepte car c’est simplement la réalité du métier que je sois au Togo ou ailleurs. Je vois même du positif dans cette situation car cet aspect de mon travail amplifie la richesse de mes interactions, qu’elles soient réalisées en direct, ou à travers un téléphone. Je passe beaucoup, beaucoup de temps au téléphone avec mes proches, qu’ils soient en France ou en Guadeloupe, et avec les volontaires de Sokodé.

En ce qui concerne mes interactions avec les Togolais, elles tournent principalement autour de personnes liées à la Communauté et au Centre Médical. En effet, la différence culturelle et sociétale togolaise, et plus particulièrement à Sokodé, m’a vite amenée, en tant que femme, à éviter ou à couper court aux différentes rencontres que je peux avoir, surtout avec les hommes. Être systématiquement abordée parce que l’on représente une opportunité pour un mariage, son patrimoine génétique ou encore la chance d’une meilleure vie ailleurs m’a fait revoir ma vision des interactions sur place. J’ai mis un peu de temps à accepter cette réalité mais je m’y suis faite, et à présent, j’apprécie davantage mes discussions avec les autochtones que je fréquente et qui me voient pour ce que je suis vraiment.

Aujourd’hui, mon volontariat touche à sa fin. Cela fait déjà 11 mois que je suis au Togo et mon impression de départ reste la même : je ne regrette pas ma décision, j’ai bien fait de tenter cette aventure avec la Communauté et la Délégation Catholique de Coopération (DCC). Je ne saurais pas expliquer clairement mon ressenti en cette fin de mission, qui est partagé entre la joie de retrouver mes proches et poursuivre mes projets, et le fait de quitter mon nouvel environnement dans lequel je me sens bien. Ce paradoxe émotionnel est le reflet de mon volontariat. C’est le reflet de cette année que j’ai appréciée, que j’apprécierai jusqu’au bout et pour lequel je garderai un très bon souvenir.

Si je devais conclure mon impression sur cette expérience, mon volontariat s’est bien passé parce que j’étais en contact avec les bonnes personnes. Je dirais que j’ai eu de la chance d’être bien entourée puisque je reste persuadée que ce sont les personnes qui m’entourent qui ont rendu cette expérience extraordinaire. J’ai eu la chance de travailler avec un bon partenaire (la Communauté du Puits de Jacob), qui me comprend et qui m’écoute, la chance d’être entourée de volontaires, soit, de personnes qui comprennent ce que je vis, la chance d’avoir rencontré des personnes gentilles, et enfin, j’ai eu la chance d’être soutenue au loin par mes proches.

Maïlys, volontaire


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